DECES DE CHARLY : L’HUMANISME A L’ETAT PUR
Vendredi dernier, une foule immense, énorme, aux couleurs de l’arc-en-ciel, était venue rendre hommage à notre cama- rade Charly en l’église de Daumazan/Arize où fut célébré un culte protestant. Une cérémonie simple mais forte en émotion, à l’image de celui qui avait su donner tout son cœur à la vie en communauté. Josée Souque y prit la parole au nom du Parti communiste français :
« Encore une fois Charly, même absent, tu rassembles toujours autant de monde, d’amis, de camarades, ceux qui croient au ciel ou ceux qui n’y croient pas, dans le centre de ce village où tu as su te faire adopter.
Véritable vagabond du bonheur, tu auras sillonné notre pays en essaimant partout la solida- rité, la convivialité mais aussi la force de tes convictions.
Alsacien d’origine, dans ce coin de France fortement régionaliste, héritier des guerres de reli- gions et de l’occupation allemande, tu as choisi avec courage le combat contre le fascisme et pour la paix, en rejoignant le parti communiste français que tu n’as d’ailleurs jamais quitté.
Alors que les loups sont plus que jamais en embuscade, qu’ils lorgnent ici et partout sur nos territoires, nous avons l’ambition comme Charly, de travailler à faire front sur des bases claires avec toutes celles et ceux qui en ont l’intérêt, pour que la preuve soit faite que même dans la difficulté, nous pouvons ensemble non seulement résister, mais contribuer à l’émancipation et l’épanouissement de chacune et chacun.
Alors que nous vivons une grave crise économique, sociale, alors que la guerre est à nos portes, alors que sont floués les principes fondamentaux d’égalité et de fraternité dont le capitalisme est la cause, Charly avait fait le choix de mettre en avant les formidables potentialités que recèle l’être humain. Il avait refusé de se résigner et avait choisi encore une fois le rassemblement.
Le jardin, les fleurs, la cuisine, la culture, toutes ces qualités feront qu’il deviendra incontournable pour nombre d’associations laïques ou religieuses, toujours dans le même esprit, celui de la fraternité et de l’ouverture aux autres.
J’ai le souvenir merveilleux d’une semaine passée à son invitation avec mon mari et des camarades ariégeois dans les monts du Can- tal, près de Salers, dans une colonie de vacances dans laquelle il a officié à tous les postes, y compris comme éducateur.
Tantôt guide touristique, tantôt cuistot faisant filer l’aligot, et toujours jovial, à l’écoute, toujours, toujours dans le partage. Qui n’a pas apprécié sa choucroute qu’il s’était d’ailleurs proposé de cuisiner pour le congrès de la section communiste à Castagnès samedi dernier ??? Hélas la vie en a décidé autrement !!!
Quelle leçon il aura donnée à ceux qui ont eu du mal à accueillir des personnes venues d’ailleurs, quelle leçon il aura donnée en pra- tiquant ce droit à la différence dans le respect des règles de la communauté.
Charly, c’était tout ça : le copain, l’ami, le camarade, le père ou le grand-père… le schtroumpf … comme on le nommait amicale- ment.
A Eva qui a su, dans la même lignée, redonner vie à ce quartier du champ de mars, à sa famille, les communistes d’Arize-Lèze pré- sentent leurs condoléances attristées et les assurent de leur sincère et profonde affection.
… quelques mots tirés d’un poème de Louis Amade intitulé: « l’Absence de l’ami » :
« Il avait dit un jour « Lorsque je m’en irai … Vers les lointains pays au-delà de la Terre Vous ne pleurerez pas, vous lèverez vos verres… Et vous boirez pour moi, à mon éternité ». Jean Ferrat ne fut pas oublié :
« C’est un joli nom camarade…
C’est un joli nom tu sais
Dans mon cœur battant la chamade…
Pour qu’il revive à jamais
Se marient cerise et grenade…
Aux cent fleurs du mois de mai »
A vous tous, je veux dire du fond du coeur combien Charly serait fier de nous voir continuer ce qui a fait le ciment de notre union : le partage, la tolérance, l’humanisme, l’antiracisme, la solidarité et la culture de paix. »
Hommage prononcé par Josée Souque secrétaire du PCF section Arize Lèze
