ECOMMUNISME
L’événement que le Parti communiste français a organisé dans le cadre de la préparation de son congrès extraordinaire en 2018 a pu surprendre. Il a pu étonner celles et ceux qui considèrent les communistes comme éloignés de l’écologie. Ce n’est pas le cas de toutes celles et tous ceux qui nous connaissent bien et suivent nos travaux. Car les communistes et leurs élu.e.s font vivre, dans ce domaine comme dans d’autres, la singularité de leur engagement, dénonçant, encore et toujours, ce que Marx avait mis en évidence il y a un siècle et demi : le capitalisme exploite avec la même férocité les hommes et la nature.
Or ce qui était vrai à l’époque reste d’actualité avec encore plus de violence. En effet, alors que les connaissances et les richesses accumulées pourraient permettre de résoudre bien des maux de notre temps, le fossé des inégalités et l’ampleur des atteintes à la nature n’ont jamais été aussi profonds. Le capitalisme, mondialisé et financiarisé, et son mode de production, provoque des dégâts humains et environnementaux considérables : perte dramatique de biodiversité, changements climatiques, pollutions diverses, gâchis industriels et financiers, scandales alimentaires, accidents industriels, ainsi que leurs incidences sur la santé humaine…
Nous devons stopper ce système avant la catastrophe pour l’humanité. C’est possible car ses victimes sont les 99%. L’égoïsme des 1% restants et leur mode de vie exclusivement tournés vers l’accumulation à court terme des profits a de quoi révolter. Leurs responsabilités sont immenses. Nous voulons les mettre en évidence. C’est pour cela que nous devons introduire un gros zeste de lutte de classe dans le cocktail écologique des communistes. Notre combat pour faire disparaître, dans un même mouvement, les inégalités sociales et environnementales, prend dès lors tout son sens. C’est particulièrement vrai dans les quartiers populaires, là où sévit avec le plus de force la crise du capitalisme.
C’est vrai également à l’échelle de la planète. En effet, quel que soit l’origine des émissions de gaz à effet de serre, de l’exploitation irresponsable des ressources, demain ce sont tous les pays, tous les peuples, qui en subiront les conséquences néfastes, et en premier rang les plus pauvres, alors que ce sont eux qui ont le plus besoin d’un développement responsable.
Pour dépasser le capitalisme, il est incontournable d’amplifier les mobilisations pour inventer, dans les luttes et les rassemblements, un nouveau mode de production et de consommation respectueux du travail des femmes et des hommes, comme de la nature. C’est une question de dignité humaine déterminante. Par ailleurs, prélever beaucoup moins de ressources naturelles est une obligation.
Pour le capitalisme, mondialisé et financiarisé, la nature à un prix dont il doit tirer un bénéfice immédiat. Avec son productivisme allié au consumérisme il accélère la crise à laquelle il confronte les peuples et provoque la destruction des écosystèmes.
Son action nous conduit au bord de l’anthropocène : réchauffement climatique, perte de biodiversité, qualité alimentaire, hausse des maladies chroniques dues aux perturbateurs endocriniens, pollution de l’air, des océans et de l’eau de source, épuisement des réserves de terres rares et de certaines matières premières… A cela s ‘ajoute l’accroissement exponentiel des inégalités sociales.
L’écommunisme c’est des parti-pris écologiques et des initiatives communistes, à faire vivre dans les rassemblements.
L’ambition des communistes est de bâtir une alternative politique au service du bien-être et de la préservation de la planète. L’écommunisme singularise le combat écologique communiste.
La démocratie est le point de départ de notre engagement. Pour cela, les citoyen·ne·s et les salarié·e·s doivent être informé·e·s, documenté·e·s et disposer de nouveaux droits d’intervention.
Le climat, mère de toutes les batailles, ne peut-être laissé entre les mains des dirigeant·e·s de la planète, même les mieux intentionné·e·s. Il doit être géré par la communauté humaine mondiale. Contribuer aux mobilisations citoyennes climatiques c’est aussi agir pour d’autres choix anticapitalistes
La dimension planétaire et internationale de la crise environnementale est évidente. La pollution n’a pas de frontières, la spoliation des terres par les multinationales industrielles et financières, la dette écologique des pays riches à l’égard pays en développement sont des réalités lourdes de l’empreinte environnementale planétaire. Nous portons une ambition solidaire internationale faite de coopérations et de luttes contestant l’égoïsme de la minorité qui impose son mode de vie.
Nous refusons tout projet de société qui parierait sur les peurs. La place du travail scientifique conserve, à nos yeux, toute son utilité pour comprendre le monde. La recherche doit pouvoir disposer de réels moyens et pouvoir travailler sans entrave ou contrainte de quelque sorte que ce soit.
L’industrie ne doit plus être guidée par les seuls intérêts financiers. Pour nous, l’industrie n’est pa
s le problème, c’est la solution car la novation industrielle au XXIème siècle sera écologique ou ne sera pas. Mais existe-t-il une façon rationnelle d’appliquer le principe de précaution, évitant qu’il soit un frein excessif à l’application des technologies nouvelles ou qu’il conduise à des mesures draconiennes démesurées ?
L’écologie est au cœur d’enjeux de classes qui ont pour conséquence le développement des inégalités, ici, en Europe et dans le monde. Leur approfondissement s’accompagne toujours d’inégalités environnementales. Nous menons, dans un même mouvement, le combat contre les inégalités sociales et environnementales
Nous sommes pour un nouveau mode de production et consommation.Quelles richesses produire ? Comment les produire, pour satisfaire qui et quels besoins ? Une choses est sûre, ce qui doit changer, c’est l’objectif même de la production dont le moteur est la recherche de la rentabilité financière.
L’alimentation comme l’eau sont nécessaires à la vie et doivent être pensés comme des communs. Des millions de personnes en sont privées tandis qu’augmentent des maladies chroniques dues à la mal-bouffe. L’alimentation doit être appréhendée dans son ensemble, « de la fourche à la fourchette », afin de répondre à la satisfaction des besoins d’une alimentation saine et accessible à tou·te·s.
Le développement des services publics de l’environnement devient crucial, tout comme celle d’entreprises publiques fonctionnant avec des critères d’économie de ressources naturelles et de moyens matériels… Des services publics nationaux qui doivent coopérer entre eux jusqu’au niveau mondial …
Pour en savoir plus c’est ICI
